|
28 Mai 2008 Position de lAssociation Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée De part sa position centrale la branche Sud de la LGV Rhin-Rhône est un élément-clé de la liaison à grande vitesse Rhin-Rhône-Méditerranée, axe majeur du réseau européen à grande vitesse. Cest pourquoi il faut concevoir cette branche Sud dans une perspective « dexcellence européenne » et, en conséquence, la fonder sur les principes suivants : - la branche Sud doit répondre aux besoins dun trafic voyageurs de dimension européenne, - sa performance en termes de gains de temps de parcours est de ce fait essentielle, - la mixité de la branche Sud ne doit pas contrevenir aux deux principes précédents, ce qui demande à être vérifié préalablement à toute décision. Branche Sud et trafic européen
Pour remplir pleinement sa fonction de barreau central de la liaison ferroviaire européenne à grande vitesse Rhin-Rhône-Méditerranée, la branche Sud doit associer trois courants de trafics voyageurs, tous complémentaires : 1/ le trafic Allemagne-Méditerranée, 2/ le trafic Luxembourg-Lorraine-Méditerranée, 3/ le trafic induit par litinéraire alternatif à la saturation de la LGV Sud-Est entre Paris et Lyon (en association avec la branche Ouest du projet). Il faut souligner que cette fonctionnalité ditinéraire alternatif enrichirait le potentiel de trafic de la branche Sud et permettrait ainsi den faciliter le financement et donc den accélérer la réalisation.
Lobjectif de performance fixé par le cahier des charges de la branche Sud (approbation ministérielle en date du 13 mars 2003, paragraphe 3, fonctionnalités du projet), soit un temps de parcours de moins de 2 h 10 entre Strasbourg et Lyon, doit être respecté. Ceci suppose : des vitesses supérieures ou égales à 320 kms/h, la réalisation dune branche Sud complète en ligne nouvelle et lachèvement de la branche Est. Cest à cette condition que la liaison à grande vitesse Rhin-Rhône-Méditerranée pourra saffirmer face à la concurrence dautres axes Nord-Sud de dimension européenne. A côté de la vitesse, la performance de la branche Sud doit sévaluer également au regard des possibilités quelle offrira pour la desserte des territoires traversés : localisation des gares, intermodalité et connexion avec le réseau classique
. Elle doit être conçue aussi en prenant en compte les évolutions techniques et commerciales qui se font jour comme, par exemple, la très grande vitesse ferroviaire (360 kms/h en vitesse commerciale) et le fret ferroviaire « express » (messagerie, objets légers à forte valeur ajoutée) utilisant des rames spécifiques aptes à la grande vitesse et des lignes à grande vitesse plutôt que lavion et la route. Ce trafic de fret à grande vitesse est appelé à se développer fortement à léchelle européenne compte tenu de son potentiel. Il semble donc de nature à alimenter positivement le bilan économique de la branche Sud. Mixité de la branche Sud
Si elle devait être retenue in fine cette mixité des trafics ne doit, en aucun cas, priver les voyageurs nationaux et internationaux de laxe Rhin-Rhône des avantages du système TGV français fondé sur la très grande vitesse. La grande vitesse génère, en effet, un trafic nouveau qui lui-même permet des fréquences importantes de circulation sur les liaisons nationales et internationales. Cest cette équation qui a fait le succès commercial du système TGV français. LAllemagne tend dailleurs à se rapprocher de ce modèle avec, par exemple, la ligne à grande vitesse Cologne-Francfort/Aéroport apte à une vitesse de 300 kms/h et dédiée au trafic voyageurs. Noublions pas, de plus, que la branche Sud occupera une position centrale à léchelle dun réseau voyageurs grande vitesse allant du nord de lAllemagne au sud de lEspagne, avec les contraintes que cela imposera nécessairement au niveau de son exploitation.
Doivent également être clairement identifiées et exposées : les conséquences de la mixité sur les conditions dexploitation dune ligne à grande vitesse et ses répercussions sur le trafic voyageurs. Cest seulement en disposant de lensemble de ces données quil pourra être décidé, en toute connaissance de cause, si la branche Sud doit être mixte ou réservée au trafic voyageurs. Pour les collectivités territoriales concernées par ce projet, et qui seront très certainement appelées à participer au financement de cette infrastructure, ce choix ne peut être fait que dans une complète transparence : les coûts de construction et dexploitation dune ligne mixte doivent être comparés à ceux dune ligne à grande vitesse « classique ». Il ne sagit pas de mésestimer la nécessité de développer le fret ferroviaire sur cet axe, bien au contraire. Dans lhypothèse où le résultat des études montrerait que la mixité des circulations sur la branche Sud présente plus dinconvénients que davantages financiers et techniques, lAssociation demande que le surcoût financier quinduirait le trafic marchandises circulant sur la branche Sud soit affecté au financement dun itinéraire dédié au trafic fret de grande distance, en utilisant tout ou partie des lignes classiques existantes parallèles à la branche Sud : ligne Dijon-Lyon (PLM), ligne de la Bresse, ligne du Revermont. Le renforcement de la dynamique de la liaison à grande vitesse Rhin-Rhône, initiée par la première tranche de la branche Est aujourdhui en chantier, mérite également dêtre prise en considération. En effet, compte tenu de son état davancement actuel la réalisation de la branche Sud ne pourra pas intervenir avant de nombreuses années même si, comme lAssociation le souhaite ardemment, sa préparation est accélérée. Lachèvement de la branche Est (en particulier la réalisation de son tronçon « Est »), dont les études davant-projet détaillé sont terminées, présente de ce point de vue un intérêt évident avec un gain de temps complémentaire de 28 minutes environ entre Strasbourg et Lyon, pour un coût modeste comparativement à bien dautres projets. François REBSAMEN Président de lAssociation Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée |
Pour télécharger le document au format Word (96 ko) cliquer ici
