Le TGV Rhin-Rhône nest pas un projet comme les autres, cette originalité lui confère en même temps une certaine complexité ! Il constitue en effet un véritable système reposant sur lassociation de trois branches fonctionnant en complète synergie. Les différentes parties du TGV Rhin-Rhône nont de sens que par rapport à la problématique densemble du projet, en soulignant que ce sont les branches Ouest et Sud qui constituent le prolongement de la branche Est, et non linverse.
Elles illustrent la principale qualité du TGV Rhin-Rhône, à savoir lextraordinaire effet-réseau que le projet générera grâce à ses deux dimensions Nord-Sud et Est-Ouest, et dont lessentiel sera acquis dès la mise en service de la branche Est du fait de sa double fonctionnalité. Dimension Nord-Sud 1- Allemagne-Rhône-Alpes-Méditerranée Dimension Est-Ouest 8- Suisse alémanique-Ile de France/Lille/Londres/Bruxelles
La première phase du TGV Rhin-Rhône (branche Est) est définie, par le cahier des charges approuvé le 11 avril 1994, comme une ligne nouvelle entre les agglomérations mulhousienne et dijonnaise. Les études qui se sont déroulées sur la base de ce cahier des charges ont précisé les points dancrage de la ligne nouvelle ; Lutterbach (Mulhouse) à lest et Genlis (Dijon) à louest, retenus aujourdhui par le décret dutilité publique. La branche Est combine une double fonctionnalité Nord-Sud et Est-Ouest. Cest à juste titre quelle a été reconnue comme prioritaire ; le choix de commencer par elle relève du simple bon sens ! Le cahier des charges stipule également que les caractéristiques de tracé et de profil de la branche Est (qui déterminent ses performances) seront homogènes avec celles des autres projets TGV en cours de réalisation ou à létude, ce qui vise aujourdhui les lignes TGV Méditerranée et Est. Il a été décidé, lors de la réunion interministérielle du 4 février 1998, dexaminer la possibilité dune réalisation progressive de cette première phase. Celle-ci doit en conséquence être entreprise à laide de tranches-travaux conçues dans cet esprit et dont la réalisation doit senchaîner. La première tranche de cette réalisation progressive, Auxonne (Côte dOr) Petit-Croix (Territoire de Belfort), a été choisie en prenant en compte des critères objectifs tels que les gains de temps de parcours, le potentiel de trafic pour les relations nord-sud et est-ouest, le niveau de performance par rapport à la première phase complète, son coût et le montant de la capacité contributive de cette première tranche à son financement.
Le shunt court consiste en un raccordement direct des lignes existantes Strasbourg-Mulhouse et Mulhouse-Belfort près de la gare de Mulhouse. Il permettra aux TGV directs Strasbourg-Lyon déviter le passage en gare de Mulhouse qui nécessite un rebroussement.
La réalisation du tronçon de ligne nouvelle Petit-Croix Lutterbach ferait gagner 24 à 25 sur la relation Strasbourg-Lyon. Ce gain aurait un impact très important sur le potentiel de trafic de lAllemagne vers le sud. Cest pourquoi une ligne nouvelle entre Petit-Croix et Lutterbach revêt un intérêt particulier pour Strasbourg et son positionnement européen sur un axe TGV Allemagne-Méditerranée. Cest également un argument intéressant en ce qui concerne le doublement du pont de Kehl, que lAllemagne retarde en prétextant un trafic insuffisant pour justifier cet investissement. Le chapitre «Lamélioration de loffre voyageurs » indique en conclusion : « avec la branche Sud gagner 45 mn entre la branche Est du TGV Rhin-Rhône et Lyon participera à donner une vocation européenne à lépine dorsale TGV Strasbourg-Lyon-Méditerranée en pénétrant par le rail des marchés tels que les liaisons Francfort-Lyon ou Francfort-Barcelone ». Le scénario 4 du dossier du débat public affiche un temps de parcours de 2 H 05 entre Strasbourg et Lyon. Cet objectif est atteint en capitalisant les gains de temps procurés par la branche Est complète, cest-à-dire avec la réalisation du tronçon de ligne nouvelle entre Petit-Croix et Lutterbach. Le gain de temps obtenu par ce tronçon (24 à 25 sur la relation Strasbourg-Lyon) est à comparer aux 42 du scénario 4, soit plus de 50 % du gain de temps procuré par ce scénario, pour un coût (estimation APS) inférieur à deux milliards de francs (305 millions deuros). Autrement dit, si Petit-Croix Lutterbach nest pas réalisé la moitié et plus des gains de temps potentiels générés par la branche Sud est détruite !
La branche Sud, reliant la branche Est à lagglomération lyonnaise, se voit assigner par Réseau ferré de France une double fonctionnalité : Elle doit être conçue de manière à pouvoir desservir aussi bien la gare de Lyon Part-Dieu que celle de Lyon Saint-Exupéry, et se raccorder à la ligne à grande vitesse de la vallée du Rhône. Cette double fonctionnalité est présentée comme de nature à améliorer la rentabilité de la branche Sud. Mais cette mixité des trafics fret et voyageurs ne doit en aucun cas priver les voyageurs nationaux et internationaux de laxe Rhin-Rhône des avantages du « système TGV » fondé sur la très grande vitesse. En ce qui concerne les voyageurs le cahier des charges de la branche Sud (approuvé par le comité de pilotage du 16 septembre) indique : Cest cette vitesse de 320 km/h qui permettrait dobtenir entre Strasbourg et Lyon un temps de parcours se rapprochant de 2 H 00, tel quaffiché dans le dossier support du débat public branche Sud. Cest à cette condition que la liaison TGV Rhin-Rhône-Méditerranée pourra être aussi performante que dautres axes TGV de dimension européenne. Peut-on accepter que la France ait moins dambition sur laxe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée quailleurs ?
Cette desserte TGV sera dautant plus étoffée que la branche Sud permettra de réunir trois courants de trafics nord-sud dorigine différente mais de destination identique : 1- Allemagne-Rhône-Alpes-Méditerranée, via lAlsace et la Franche-Comté En utilisant la branche Sud (et la branche Ouest complète pour le courant de trafic 3) ces courants de trafics permettraient à la ville de Bourg-en-Bresse et à son bassin économique (avec lappui de la ligne du Haut-Bugey), au département de lAin dans son ensemble, à la gare bressane, qui concerne directement les bassins de vie de Lons-le-Saunier et de Louhans, et au Haut-Jura, de bénéficier de dessertes très riches en termes de développement, sur le plan touristique entre autres. Exemples :
La branche Ouest présente un quintuple intérêt :
La mise à létude de la branche Ouest, de la variante Dijon-Centre à Aisy (point de raccordement à la LGV Sud-Est), simpose donc.
Il sagit de la partie de la branche Ouest concernant lagglomération dijonnaise. Il faut souligner limportance de la traversée de lagglomération dijonnaise pour la synergie densemble du TGV Rhin-Rhône. Cest elle, en effet, conçue aujourdhui sur le modèle « lillois » à laide de la variante Dijon-Centre, qui permet de lier la branche Est à la branche Ouest, la branche Ouest à la branche Sud, et la branche Sud aux liaisons vers la Lorraine. Cest donc un élément stratégique du système TGV Rhin-Rhône et une pièce essentielle de litinéraire alternatif (cf ci-après). Le raccordement dit de Turcey (raccordement de la variante Dijon-Centre à la ligne classique Paris-Dijon au nord du tunnel de Blaisy) ne peut remplacer à lui seul les avantages de la branche Ouest complète. En considérant le coût de ce raccordement (de lordre de un milliard de francs, 152 millions deuros) on peut même sinterroger quant à lintérêt dune réalisation par étapes de la branche Ouest.
La Direction des transports terrestres a confié, en décembre 1995, à M. Pierre Chassande, ingénieur général des ponts et chaussées, une étude ayant pour objet de définir les familles ditinéraires possibles de la branche Sud à partir des grandes fonctionnalités du projet. Lapport essentiel de cette étude a été de montrer que la branche Sud du TGV Rhin-Rhône devait être conçue de manière à ce quelle puisse assurer, en plus de sa fonction première, celle ditinéraire alternatif à la ligne du TGV Sud-Est - lorsque celle-ci sera saturée entre Paris et Lyon - à laide des branches Ouest et Sud du TGV Rhin-Rhône. Cette nouvelle fonctionnalité présente, en outre, lintérêt de replacer Dijon sur laxe Paris - Lyon - Marseille, et comme elle suppose que la branche Ouest soit également en service elle intéresse aussi le Jura, Dole en particulier. Cet itinéraire alternatif permettrait, de plus, de mettre en service des dessertes TGV de type Lons-le-Saunier / Gare bressane Paris, des « Jura-Seine » en quelque sorte. La ligne du TGV Sud-Est Paris-Lyon est placée au cur du réseau TGV. La majeure partie du trafic TGV emprunte ce tronçon déjà très chargé aujourdhui et cette situation va encore saccentuer avec la mise en service des projets TGV Perpignan-Barcelone, Rhin-Rhône, Lyon-Turin, sans parler des extensions de réseau en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, qui ne manqueront pas de générer elles aussi de nouvelles dessertes. La question de la saturation de cette ligne se posera donc inéluctablement, indépendamment des mesures mises en uvre aujourdhui et à court/moyen terme, car les investissements réalisés ou envisagés pour créer des capacités complémentaires atteindront un jour, eux aussi, leur propre limite. Mais un autre aspect doit également être pris en compte ; cest lélément de fragilité que constitue ce tronçon pour la fiabilité densemble du système TGV. Une indisponibilité de la ligne conduirait une très grande partie du trafic TGV français et international à être paralysée, le réseau classique pouvant difficilement offrir une solution de substitution équivalente, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Cest pourquoi il serait pertinent dintégrer au premier rang des fonctionnalités de la future branche Sud sa contribution au doublement de la ligne actuelle du TGV Sud-Est, en retenant comme solution pour la partie Pasilly-Lyon lutilisation des branches Ouest et Sud du TGV Rhin-Rhône comme itinéraire alternatif, à lexemple de la logique qui a prévalu pour le réseau autoroutier et lA 39, la partie située entre Aisy et Paris pouvant, elle, être plus aisément aménagée parallèlement à son emprise actuelle.
Le TGV Rhin-Rhône contribuera au rééquilibrage du trafic aérien : En économisant des mouvements aériens : On observera pour les relations de Mulhouse et Bâle à destination de Paris un report massif de la clientèle aérienne vers le TGV Rhin-Rhône en raison des gains de temps très attractifs et de la qualité de la desserte, de centre-ville à centre-ville et même dans certains cas sans arrêt intermédiaire, procurés par celui-ci. En réorientant une part du trafic des aéroports de Paris vers celui de Lyon-Saint-Exupéry : Avec une branche Sud en ligne nouvelle jusquà Lyon, et sur la base dune vitesse de 320 km/h, Dijon pourrait être à moins de 55 de Lyon-Saint-Exupéry et Besançon à 1 H. N.B : si la branche Sud est conçue dune manière mixte avec priorité au fret, la vitesse des TGV serait réduite à 220/240 km/h. Les temps de parcours seraient alors respectivement de 1 H 10 et 1 H 15, ce qui nest plus tout à fait la même chose sur le plan concurrentiel vis-à-vis de la route et pour lattractivité de laéroport.
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