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31 mars 2004
de LASSOCIATION TRANS EUROPE TGV RHIN-RHONE-MEDITERRANEE
M. Jean-Marie BOCKEL, président de l'Association On ne va pas tarder à commencer, prenez tranquillement place. On est obligé, pour les provinciaux, de jouer avec les perturbations de transport. Heureusement qu'il y a le train, pour le coup, M. le président (Gallois). Mais, pour beaucoup d'entre nous, la solution pratique c'est encore souvent l'avion. Et oui, et pour cause, nous avons pris des habitudes qui ne demandent qu'à changer. Voilà, M. le président d'honneur, cher Jean-Pierre. En fait on va descendre de cette tribune dès que j'aurai fait mon petit propos introductif, dans la mesure où les exposés sont appuyés sur des visuels. Nous pourrons comme ça en profiter aussi avec Thierry Zettel, notre délégué général que je ne présente pas. Je pense qu'on va commencer tranquillement. Nous ouvrons donc cette séance. Je me dois tout de même, avant d'introduire rapidement cette réunion, de procéder à quelques salutations. Bien sûr, notre président d'honneur, Jean-Pierre Chevènement. Le président de la région Alsace, Adrien Zeller, va nous rejoindre. Il est pour le moment représenté fort bien par son premier vice-président, le sénateur Hubert Haenel. Mme Bouthier, présidente de la commission transports du conseil régional de Bourgogne, représente Jean-Pierre Soisson. La Franche-Comté est plus que largement représentée, y compris la région. Son président, qui devait venir aujourd'hui, est pris en Franche-Comté par des impératifs de présentation de liste. ça fait partie de la vie en ce moment, mais je l'excuse et en tous cas il est toujours présent à nos réunions. Plusieurs présidents de conseils généraux sont là personnellement ou vont nous rejoindre : M. Pépin de l'Ain, M. Girard du Doubs. Nous avons également des maires et présidents de communauté dagglomération : le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret est là, M. Rebsamen, qui est déjà représenté, va nous rejoindre. M. Souvet, sénateur-maire, est là. Mme Keller va nous rejoindre, elle est en route me dit-on. Le maire de Bourg-en-Bresse, M. Bertrand, je l'ai salué, donc je sais qu'il est là. Les représentants des départements du Bas-Rhin, de Haute-Saône, de la ville d'Annecy, M. Lavedrine, des parlementaires, outre ceux que j'ai déjà cités, vont nous rejoindre ou sont déjà là. MM. Ferry, Frecon, Montebourg, Joyandet sont annoncés. Mme Darciaux, je l'ai saluée. C'est un exercice difficile parce qu'il y a les gens qui sont sur ma liste et il y a des gens que j'ai déjà repérés mais qui n'y sont pas, il y a ceux que je vais oublier et auprès desquels je vais m'excuser puisque nous sommes tous et toutes des personnalités représentatives d'un morceau de territoire. Le président du conseil économique et social de Franche-Comté, M. Robert, et le premier vice-président du CES de Bourgogne sont là, mais l'alsacien aussi puisque je l'ai salué, M. Sander. Heureusement que je connais les gens, ça permet de rattraper les boulettes. - Il faudrait qu'ils s'inscrivent aussi ! Oui, oui, ne vous inquiétez pas. Tout va bien. Les représentants de la CCI de Mulhouse, des chambres régionales de commerce et d'industrie de Franche-Comté, de Rhône-Alpes, de l'Office des transports du Sud-Est, du CES Rhône-Alpes sont là. Le président du club d'affaires franco-allemand de Rhône-Alpes, M. Rheinert, la chambre de commerce suisse en France, M. Meyer. Je voudrais également saluer tout particulièrement des personnalités venues de Suisse et d'Allemagne. A commencer par mon ami Hans Tschudi, ministre du canton de Bâle-Ville, président de la Conférence du Rhin supérieur, Hans merci de ta présence. La République et canton du Jura, avec le ministre Schaffter. Le canton de Genève, M. Maxwell, la ville de Lausanne, M. Allamand. Certainement d'autres personnalités suisses que je salue si je les ai oubliées, mais elles se présenteront. Oui, j'ai fait de gros oublis ? - Non. L'Allemagne avec le Land de Rhénanie-Palatinat, représenté par M. Speck, président du groupe de travail politique des transports de la Conférence franco-germano-suisse du Rhin supérieur, la ville de Karlsruhe, avec M. Martin. Il y a également nos invités que je voudrais saluer tout particulièrement. Bien sûr Jean-Marie Bertrand, ici présent, directeur général de RFF, qui va prendre la parole tout de suite après cette présentation. Ce sera le premier intervenant, suivi de Louis Gallois en personne, président de la SNCF. Merci aussi d'être là. Il interviendra tout de suite après. Je crois que c'est important qu'ils soient présents à cette réunion, qu'ils aient fait l'effort de venir personnellement pour nous faire le point de l'état du dossier au moment où nous en sommes aujourdhui de l'avancement de notre projet. Nous attendons beaucoup de leur intervention. Un certain nombre de personnalités intéressées par la réalisation de la liaison, tant voyageur que fret, sont également là. Les représentants des ambassades d'Espagne et de Suisse, des présidents d'association ; COFHUAT, AEDTF, les trois Bresses pour le TGV Rhin-Rhône, etc. J'en oublie sûrement, ils se signaleront, des représentants d'organismes financier, bancaire, français, européen, la Banque européenne d'investissement par exemple, des industriels, des chefs d'entreprise, des sociétés d'ingénierie, des aménageurs, le port autonome de Marseille, et j'en oublie certainement. En tous cas je les remercie, et je remercie également les représentants nombreux de la presse française, allemande, espagnole et suisse, ici présents. Pour notre Association Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée la date du 18 décembre 2003 restera sans conteste, après quelques autres dates cher Jean-Pierre (je pense à 98, février 98 si ma mémoire est bonne), de celles qui ont rythmé l'avancement de notre projet. En tous cas la date du 18 décembre restera certainement importante. Je veux parler, bien sûr, du comité interministériel de l'aménagement du territoire (CIADT), qui a officialisé le lancement en 2006 des travaux de réalisation de la première tranche de la branche Est du TGV Rhin-Rhône. Alors Thierry, dans son petit papier, m'écrit 15 ans d'efforts incessants. Jean-Pierre, j'ai un souvenir mais un peu flou, non pas le souvenir mais la date de la première réunion qui avait été organisée dans le bureau du ministre de l'éducation nationale, et où je fus comme jeune secrétaire d'Etat. C'était quand ça ? - En 85. Je souhaiterais remercier tous les adhérents de l'Association, parce qu'au-delà de ses quelques fondateurs très vite nous nous sommes renforcés, musclés, adaptés. Ce sont ce travail et cette ténacité qui font qu'aujourd'hui on est quand même, par bien des aspects, satisfait. Parce que je peux en témoigner et d'autres aussi dans cette salle à un moment donné on pouvait craindre le pire.
On l'a bien vu, d'ailleurs, à l'occasion de ce CIADT. La fonction de maillon-clé du réseau français et européen, qui caractérise ce TGV Rhin-Rhône, a été totalement ignorée dans le libellé de cet important comité interministériel. Ce qui montre bien que nous avons encore du travail à faire pour que ce caractère vraiment de TGV Rhin-Rhône-Méditerranée, de lien entre le nord de l'Europe et l'arc méditerranéen, soit souligné.
Je vous donne un exemple : la branche Sud n'a pas été inscrite pour le moment dans la liste des 50 grands projets pour la France, alors qu'elle a déjà fait l'objet d'un débat public de mai à juin 2000, et que son cahier des charges a été approuvé en mars 2003 par le ministre des transports. Il y a encore du chemin à parcourir. Je le dis d'ailleurs aussi pour tous les territoires qui sont ici représentés et qui attendent, à juste titre, que nous franchissions avec eux ces étapes.
Le TGV Rhin-Rhône est encore trop souvent décrit comme un simple TGV Dijon-Mulhouse, ce qui est vrai, bien sûr, sur le plan de l'infrastructure de la branche Est, mais très réducteur en ce qui concerne l'ensemble de ses fonctionnalités nord-sud et est-ouest.
Notre réunion va se dérouler maintenant de la manière suivante : tout d'abord une intervention, comme je l'annonçais tout à l'heure, de M. Jean-Marie Bertrand, directeur général de Réseau ferré de France, avec à ses côtés MM. Svetchine et Belin, directeurs des missions RFF et SNCF du projet Rhin-Rhône. Puis une intervention de M. Louis Gallois, qui devra nous quitter impérativement avant 12h30, ce qui permettra tout de même un débat entre lui-même, M. Bertrand et la salle. Nous attendons pour l'intervention de clôture M. Patrick Gandil, directeur de cabinet de M. Gilles de Robien, qui nous rejoindra vers midi. Je crois que sa présence aussi est un signe fort du gouvernement, de l'intérêt qu'il porte et du soutien qu'il apporte à cette démarche. Je pense que nous pourrions terminer vers 13h, comme prévu.
M. Jean-Marie BERTRAND, directeur général de Réseau ferré de France Merci, M. le président. MM. les ministres, Mmes et MM. les parlementaires, Mmes et MM. les élus, M. le président de la SNCF, mesdames, messieurs, je voudrais tout d'abord vous exprimer les regrets du président de Réseau ferré de France, Jean-Pierre Duport, qui aurait aimé être là pour vous exprimer toute l'attention que lui et l'ensemble de l'entreprise RFF porte au projet Rhin-Rhône. Il est retenu en ce moment à Lille et je vais m'efforcer de traduire devant vous toute cette attention portée par RFF. M. le président, vous venez de le dire, le CIADT du 18 décembre a apporté de bonnes nouvelles, de nombreuses nouvelles. Pour RFF cela signifie une clarification de son plan de charge pour les 15, 20, peut-être même 30 années à venir. Un plan de charge qui est fourni en matière de lignes à grande vitesse. Parmi ces lignes à grande vitesse le projet Rhin-Rhône tient une place particulière. Certes, il ne sera pas nous l'espérons bien la ligne nouvelle la plus chère, ni sans doute la ligne nouvelle la plus difficile à construire pour nous. Certes, ce n'est sans doute pas la ligne nouvelle dont on parle le plus, ou dont on a parlé le plus ces derniers temps. Il est vrai qu'on ne parle que des trains qui n'arrivent pas à l'heure, n'est-ce pas M. le président de la SNCF, et ceux qui arrivent à l'heure sont de très loin les plus nombreux. En ce qui concerne le projet Rhin-Rhône il est de ceux-là : c'est un projet qui avance normalement, qui avance calmement, sereinement et efficacement. Je voudrais m'attacher à vous resituer ce projet dans la vision stratégique qu'a RFF du réseau ferroviaire national. Ensuite Marc Svetchine, pour RFF, et Noël Belin, pour la SNCF, nous ferons rentrer dans le détail technique du projet et du calendrier. Cette mission stratégique s'apprécie au regard des trois missions de RFF : une mission d'investisseur, c'est ce qui nous amène à réaliser les lignes à grande vitesse et, en particulier, celle-ci, mais aussi une mission de gestionnaire du réseau qui a pour charge, notamment, de piloter l'exploitation et l'entretien de ce réseau, ce qui n'est pas une moindre préoccupation. Deux chiffres simplement : le budget d'investissement de RFF en 2004 est de deux milliards sept cent millions en investissement. Sur ces deux milliards sept cent millions le budget d'entretien, de renouvellement, de gros entretien du réseau représente près de un milliard. Et nous estimons que nous sommes en-dessous de la nécessité d'entretien convenable du réseau. Nous sommes aussi attentifs à notre troisième mission qui est d'optimiser l'utilisation du réseau. C'est une mission que nous exerçons à travers la location des capacités. Nous avons à veiller à ce que ce réseau soit utilisé au mieux et le plus efficacement possible pour les besoins de la collectivité. Alors comment le projet Rhin-Rhône s'inscrit-il dans cette vision stratégique de l'évolution du réseau ferroviaire national ? J'insisterai sur trois points. Tout d'abord l'originalité de ce projet c'est d'être une étoile dont les composantes nord-sud et est-ouest sont aussi importantes l'une que l'autre. Le projet Rhin-Rhône est original avec ses trois branches : la branche Est vers le Rhin, la branche Sud vers le Rhône, la branche Ouest vers le bassin de la Seine. Une étoile à travers l'Alsace, la Bourgogne, la Franche-Comté et Rhône-Alpes. Cette étoile à trois branches aurait pu s'appeler ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône-Seine. C'est bien en réalité ce qu'est et ce que doit être cette étoile. Ce projet a l'ambition de développer à la fois les échanges nord-sud et les échanges est-ouest. C'est un projet qui améliore, certes, les dessertes vers Paris mais surtout celles entre les régions françaises et les pays européens, tant dans la dimension nord-sud que dans la dimension est-ouest. Dès l'ouverture de la branche Est la moitié des nouveaux clients circuleront sur l'axe nord-sud, l'autre moitié sur l'axe est-ouest. Les voyageurs raccourciront leurs trajets de plus d'une heure avec les seuls 140 kilomètres de la première tranche de la branche Est, qui fera 190 kilomètres au total. C'est un gain de temps tout à fait remarquable sur une telle distance. N'oublions pas que la construction de cette ligne à grande vitesse voyageur ouvrira aussi des perspectives favorables pour le fret, avec la possibilité de faire passer plus de trains de marchandise sur les sillons libérés par les trains grande ligne sur le réseau classique. Le rail français pourra ainsi permettre aux opérateurs de répondre au nouveau courant de trafic de fret, provoqué par l'ouverture des percées alpines helvétiques. Deuxième caractéristique, stratégique du point de vue du réseau ferroviaire national : le projet Rhin-Rhône c'est une étoile, mais ce n'est pas l'étoile dite de Legrand. L'étoile de Legrand, celle sur laquelle a été fondé le premier plan de développement national des chemins de fer en 1842 et qui a fait l'objet d'une approbation au Parlement à l'époque, était une étoile ce n'est pas la seule, il y en a eu d'autres ensuite centrée sur Paris, tout le réseau ferroviaire futur français étant donc calé sur la capitale. En l'occurrence la LGV Rhin-Rhône est une étoile qui n'est pas centrée sur Paris. Ce qui est frappant dans ce projet c'est l'unanimité des élus, par leur engagement financier, notamment des conseils régionaux, et par la forte volonté de tous, dans toutes les régions concernées, de considérer la ligne nouvelle comme un projet essentiel pour l'avenir. RFF est un établissement public, il est porteur d'une politique d'aménagement du territoire et du développement économique. En ce sens, le TGV Rhin-Rhône est un projet qui comporte une dimension dynamique tout à fait remarquable. Nous sommes particulièrement sensibles à cette volonté de lier la croissance du ferroviaire, à travers la modernisation et l'extension de son infrastructure, avec l'aménagement et le développement des territoires. Associée à un projet économique cohérent cette ligne à grande vitesse doit conforter l'image de marque des régions desservies. En rapprochant les habitants des grands centres urbains, elle apportera un atout considérable au développement d'un tourisme de court séjour et d'un tourisme vert particulièrement adapté aux atouts des sites raccordés. Mais le projet permettra aussi d'ouvrir de nouveaux horizons aux pôles universitaires de Dijon, de Besançon, de Belfort-Montbéliard et de Mulhouse. Et je n'oublie pas l'emploi industriel avec les commandes de matériel, tant par RFF que par la SNCF, surtout dans les secteurs où les entreprises européennes sont particulièrement performantes, même si certaines d'entre elles peuvent aujourd'hui rencontrer des difficultés. Je n'oublierai pas de souligner, ce que vous avez déjà fait M. le président, l'importance de l'association de nos amis suisses au comité de pilotage du TGV Rhin-Rhône. Je suis particulièrement heureux de souligner l'intérêt qu'ils marquent pour ce projet et leur volonté d'en accélérer la réalisation en participant au financement des travaux. Sur le plan ferroviaire, nous, en particulier RFF, avons beaucoup à apprendre de nos amis suisses, notamment pour faire en sorte que, comme chez eux, l'infrastructure ferroviaire soit plus intensément utilisée. De ce point de vue ils sont particulièrement performants, peut-être les plus performants au monde. Troisième élément stratégique, l'Europe et la cohérence du système ferroviaire européen. Avec la décision d'élargir l'Union européenne à dix nouveaux membres, le centre de gravité de l'Europe est en train de se déplacer vers le centre de l'Europe, vers l'orient de l'Europe. Les pays de l'Ouest comme la France doivent renforcer leurs liaisons vers l'est pour profiter du développement lié à cet élargissement, et ne pas se trouver isolés. Les LGV Est-Européenne et Rhin-Rhône vont contribuer à l'amélioration de nos relations avec nos voisins allemands, luxembourgeois, suisses et, au-delà, de l'ensemble de l'Europe centrale. Elles vont le faire pour la France, pour le réseau ferroviaire français, mais tout autant pour les réseaux ferroviaires ibériques, entre autres. Il nous reste beaucoup à faire pour développer l'usage du rail dans les échanges européens. En particulier le trafic avec l'Allemagne n'est pas encore à la hauteur des échanges (ferroviaires) que l'on pourrait attendre entre nos deux grands pays voisins. Nous travaillons avec la Deutsche Bahn, la SNCF et les pouvoirs publics sur l'intérêt d'améliorer les infrastructures ferroviaires, notamment en ce qui concerne les deux ponts de Kehl et de Chalampé, mais aussi sur les liaisons vers Francfort. Dans l'attente des décisions utilisons d'abord, au maximum, les capacités ferroviaires existantes. Le trafic européen est pénalisé par l'histoire, on pourrait même dire la sociologie du chemin de fer, qui a conduit à ce que chaque pays développe ses propres techniques nationales : les signalisations sont différentes, les alimentations électriques ne sont pas compatibles. Chaque pays a développé des réglementations particulières. Pendant ce temps-là le même camion, conduit par le même chauffeur, roule sans difficulté sur le réseau autoroutier européen alors que les TGV internationaux doivent accepter quatre courants, s'adapter à autant de signalisations et de règles de sécurité différentes. Passer, franchir, surmonter ces obstacles ferroviaires conduit à des surcoûts excessifs, dans certains cas même rédhibitoires. Ce qui est vrai pour les voyageurs l'est tout autant pour le fret. La situation, de ce point de vue, n'est guère meilleure avec les retards aux frontières des trains de fret. Le trafic des marchandises par le rail est pourtant particulièrement pertinent sur les trajets de plus de 800 kilomètres, donc sur des trafics internationaux. Et ce trafic à longue distance va croître forcément avec l'extension de l'Union européenne. La mise en uvre des règles européennes communes est indispensable mais il est vrai il faut insister sur ce point qu'elle a et qu'elle aura des conséquences financières extrêmement significatives, tant pour RFF que pour la SNCF. En conclusion, j'insiste sur les points suivants : Bruxelles a reconnu, à plusieurs reprises, la vocation européenne de la LGV Rhin-Rhône en attribuant depuis plusieurs années des subventions aux différentes phases détudes des trois branches. Le rapport Van Miert, vous l'avez dit tout à l'heure M. le président, a classé l'année dernière la réalisation des branches Est et Sud dans la liste des priorités n° 1. Récemment la Commission européenne les a classées dans la liste courte, la short list des projets prioritaires. Le gouvernement a décidé que la branche Est du projet Rhin-Rhône serait le prochain chantier de ligne à grande vitesse. Il a fixé le début des travaux à 2006, soit avant même la mise en service, en juin 2007, de la LGV Est-Européenne. Deux lignes à grande vitesse seront donc construites simultanément en France par RFF. Ce dynamisme est de bonne augure pour le développement de notre réseau ferroviaire. C'est un défi d'entreprise pour RFF. Nous pouvons vous assurer que Réseau ferré de France met tout en uvre pour respecter cet engagement. Les études sont pilotées par l'équipe en place à Besançon, que dirige Marc Svetchine, avec deux antennes à Dijon et à Mulhouse. Mais, au-delà, c'est un projet qui est le projet de toute l'entreprise RFF. L'ensemble de l'entreprise est mobilisé pour la réussite de ce projet, comme tous ceux qui ont été retenus par le CIADT, mais avec une particulière attention pour le TGV Rhin-Rhône dans la mesure où cette ligne à grande vitesse sera la première que nous aurons portée, en tant qu'entreprise RFF, presque sur les fonds baptismaux. En réalité non, parce que certains d'entre vous, certains et certaines d'entre vous, sont à l'origine du démarrage du projet, du lancement du projet, bien avant. Mais sur le plan technique nous allons pouvoir nous impliquer dès le départ ce qui, pour des raisons de calendrier et d'histoire, n'a pas été le cas pour la ligne nouvelle Est-Européenne. Je vous remercie. Applaudissements. Ces messieurs ou d'abord M. Svetchine ? D'accord, alors d'abord M. Svetchine. M. Marc SVETCHINE, directeur de la mission RFF LGV Rhin-Rhône Mesdames, messieurs, bonjour ! Jean-Marie Bockel, comme Jean-Marie Bertrand, ont insisté sur les ambitions européennes de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône. Elargissons notre vision. La branche Est apparaît en violet sur l'image. A elle seule elle facilite déjà les liaisons nord-sud et est-ouest. Alors, les trois branches du Rhin-Rhône : où en sommes-nous ? Une grande infrastructure ferroviaire se construit en 20 ans. Ce schéma montre les différentes étapes du parcours. Vous voyez les étapes, c'est quand même long. Il faut compter entre le début et la fin du parcours presque 20 ans, 15 ans si l'on est optimiste, 20 ans si l'on est réaliste. Chaque étape de ce parcours est conclue par une décision gouvernementale. Où sont placées nos trois branches ? La branche Est, qui est la plus avancée, est en fin de phase d'avant-projet détaillé, la branche Ouest est en début d'études d'avant-projet sommaire et la branche Sud est au début des études préliminaires. En comparaison les autres grands projets français, enfin quelques projets français d'infrastructure ferroviaire qui ont été cités. On voit le contournement de Nîmes-Montpellier, l'enquête publique s'est faite dans la procédure de déclaration d'utilité publique. La ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique, la partie entre Angoulême et Bordeaux, la procédure de déclaration d'utilité publique va démarrer. La ligne à grande vitesse Bretagne/Pays de la Loire est au milieu de la phase d'études d'avant-projet sommaire, et puis la deuxième partie de la ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique, la partie Tours-Angoulême, les études d'avant-projet sommaire ont démarrées. Quels sont nos objectifs ? Dabord la branche Ouest de la LGV Rhin-Rhône. Les objectifs de cette ligne de cette partie que notre directeur général qualifiait aussi de liaison vers le bassin de la vallée de la Seine c'est de rejoindre, à terme, la ligne à grande vitesse Paris-Lyon pour gagner du temps vers l'est, vers la Suisse à travers le Jura, et aussi vers le sud. Cette branche Ouest formera, en effet, un maillon d'un nouvel itinéraire ferroviaire nord-sud. La première étape de cette branche Ouest porte sur la traversée de l'agglomération dijonnaise. Les études d'avant-projet sommaire sont en cours. Elles permettront de figer un tracé et de le protéger dans une agglomération qui est en plein développement. Une gare nouvelle sera créée au centre de Dijon. La branche Sud maintenant. Le débat public, comme vous le savez, s'est tenu en 2000. Il y a des études complémentaires qui ont été réalisées en 2001 et 2002. Le cahier des charges de l'infrastructure a été approuvé par le ministre des transports en mars 2003. Résumons en Par exemple, sur la ligne historique PLM entre Dijon, Chalon-sur-Saône, Mâcon et Lyon il faudra satisfaire les demandes des conseils régionaux qui souhaitent développer le trafic TER, il faudra répondre aux besoins de sillons de qualité pour le fret, et il faudra faire passer les TGV de la branche Est. De plus, beaucoup sur cet itinéraire souhaiteraient une accélération des trains. D'où la nécessité de mener une étude vraiment prospective sur les capacités résiduelles de cette ligne. Concernant le trafic des marchandises, à travers la Saône et la Bresse transitent 60% des marchandises françaises nord-sud, que ce soit par la route ou par le train. L'objectif est d'améliorer la circulation des trains de fret entre Dijon et l'agglomération lyonnaise. Pour la partie voyageur, la branche Sud sera raccordée dans sa partie Nord à la fois au réseau classique, à la ligne Dijon-Dole-Besançon, et à la branche Est. Les voyageurs descendront ensuite plein sud jusqu'à une nouvelle gare entre Louhans et Lons. Plus au sud tout est possible puisque le cahier des charges ministériel couvre un très large éventail pour les voyageurs : soit un raccordement direct sur la ligne à grande vitesse Paris-Lyon à la hauteur de Mâcon, soit un passage par Bourg et La Dombes, soit un itinéraire par Bourg vers Ambérieu et, au-delà, dans l'agglomération lyonnaise. Dans tous les cas les fonctionnalités doivent comprendre la desserte du centre de Lyon, un raccordement direct sur la LGV vers la Méditerranée, et la desserte de l'aéroport de Saint-Exupéry. Deux études, toujours dans ce cahier des charges, deux études importantes d'opportunité seront menées. D'abord, puisqu'il y a un double besoin pour les voyageurs et pour le fret, une étude d'opportunité pour savoir si l'on peut regrouper ces deux besoins par une ligne mixte fret et voyageurs. La deuxième étude d'opportunité concerne un raccordement au réseau classique vers Dole et l'éventualité de construire une gare nouvelle au droit de celle-ci, sur la branche Sud. Pour cette branche Sud, la convention des études préliminaires a été validée et elle est actuellement en cours de signature. Les études préliminaires commenceront par une vaste phase d'écoute et de concertation. On ne peut pas cacher que la traversée de la Bresse sera délicate puisqu'il y a une tradition d'habitat dispersé. Il y a beaucoup de bâtis dispersés dans le centre de la Bresse, des activités économiques, des activités agricoles de qualité, notamment l'AOC poulet de Bresse. Il faudra mener ces études en tenant le plus grand compte de toutes les contraintes. L'entrée dans l'agglomération lyonnaise ne sera pas facile non plus. Réseau ferré de France soumettra des fuseaux à la concertation. A la fin des études préliminaires le ministre chargé des transports choisira un fuseau, en tenant compte de l'ensemble des avis recueillis lors de l'enquête et des concertations, et de tous les éléments techniques, économiques et environnementaux recueillis pendant ces deux années détudes. Le choix j'insiste sur ce point d'un fuseau permettra de libérer les contraintes ailleurs, puisque l'une des difficultés pour le développement de la Bresse c'est qu'il y a un projet de ligne nouvelle mais que personne ne peut dire (aujourdhui) où elle passe. Il est donc difficile de renseigner des personnes qui auraient un projet, par exemple d'achat .. Inversion de cassette. La branche Est a été déclarée d'utilité publique. Les cinq recours qui avaient été formés contre cette déclaration d'utilité publique ont été rejetés par le Conseil d'Etat en juin dernier. La déclaration d'utilité publique est donc devenue définitive. Quelques rappels sur les caractéristiques de la ligne. La ligne, en totalité, fait 190 kilomètres. Il y aura deux gares nouvelles, à Auxon et à Meroux, et six raccordements au réseau existant. L'opération de Perrigny, qui est au sud de l'agglomération dijonnaise, facilitera le passage des TGV mais aussi toute la circulation des trains dans le nud dijonnais, notamment le passage des trains de fret venant de Nancy. La gare d'Auxon avec une liaison, par la remise en état de la ligne de Devecey, jusqu'à la gare actuelle de Besançon-Viotte. La gare de Meroux, comme on le voit sur l'image, est à peu près à mi-chemin entre les agglomérations de Belfort et de Montbéliard et très proche aussi d'Héricourt, c'est vraiment la gare de toute l'aire urbaine. La branche Est sera construite en deux étapes : une première tranche de 140 kilomètres entre Villers-les-Pots et Petit-Croix avec toutes les opérations annexes, notamment la remise en état de la ligne de Devecey. Mais la totalité de la branche Est a été déclarée d'utilité publique. Le comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire, on l'a dit tout à l'heure, a fixé des objectifs ambitieux que Réseau ferré de France met tout en uvre pour respecter. Notre première échéance c'est l'envoi du dossier d'avant-projet détaillé au ministre des transports en août 2004. Ces études d'avant-projet détaillé sont donc bien avancées. Nous avons repris, avec les bureaux d'études maîtres d'uvre, une concertation commune par commune pour la mise au point de cet avant-projet détaillé. Les bureaux d'études travaillent en fonction des résultats de cette concertation et sont en train de définir toute la géométrie (de la voie) et le rendu de l'avant-projet détaillé. Quelques caractéristiques de la ligne : elle est dessinée pour une vitesse de 350 km/h, mais dans un premier temps la vitesse commerciale sera de 320 km/h. Les rampes sont fortes compte tenu du relief. ça veut dire qu'il n'y aura pas de possibilité de faire passer des trains de fret sur cette ligne. Bien évidemment, comme l'a souligné Jean-Marie Bertrand, cette ligne est tout à fait aux normes européennes, les normes de spécification technique d'interopérabilité. Ce qui veut dire que tous les trains qui seront aux normes européennes pourront circuler sur cette ligne. Cela conforte sa vocation de maillon européen. Quelques opérations qui sont nécessaires avant le démarrage des travaux. Il y a la maîtrise foncière on ne va pas insister sur les procédures, qui sont complexes, mais qui sont les procédures habituelles avec une particularité que 40% du tracé est situé en forêt, la Franche-Comté étant la première région de France pour la densité de boisement. Il y a donc des précautions particulières pour ce passage en forêt. L'archéologie : vous connaissez les nouvelles dispositions des deux lois de 2001 et de 2003. On peut estimer que le coût de ces recherches archéologiques est d'un peu plus de 1% du coût complet de l'opération. L'ensemble des phases diagnostic + fouille prendra à peu près 18 mois. On va commencer à l'automne les diagnostics archéologiques avec des occupations temporaires, et donc des indemnités à verser aux propriétaires agricoles ou forestiers, RFF nétant pas propriétaire des terrains. Les procédures concernant la loi sur l'eau sont des procédures classiques. Les enquêtes loi sur l'eau vont démarrer en automne 2004, l'ensemble de la procédure dure à peu près un an. Les procédures de défrichement démarreront aussi à l'automne. Il y a eu, sur lensemble du tracé, un relevé complet de la faune, de la flore et des mesures environnementales détaillées. Une charte architecturale et paysagère a été préparée de manière à choisir un plan paysager respectant au maximum les caractéristiques de la Franche-Comté. Puisque cette ligne est une ligne de développement et d'aménagement du territoire qui doit permettre aussi, compte tenu de la situation des départements traversés, un développement touristique, notamment un développement de courts séjours. Il est donc très important que toute la ligne participe à la qualité et à l'embellissement de la région. Il y a des chauves-souris qui sont protégées, des minioptères de Schreibers. On les a équipées d'antenne pour suivre leur déplacement, certains craignaient quelles puissent toucher la caténaire. Leur domaine de chasse ne va pas jusqu'à la ligne à grande vitesse. Mais, à titre de précaution, on plantera des haies autour de la ligne. C'est un peu anecdotique, mais c'est important puisque ce minioptère de Schreibers figure dans les espèces protégées de l'annexe 2 de la directive (européenne) Natura. M. Patrick Gandil, ancien directeur des routes, sait bien qu'un chantier dautoroute a été bloqué pendant plusieurs années par le scarabée pique-prune. Il est donc très important de prendre toutes les précautions en matière d'environnement. Quelques opérations qui sont nécessaires avant le lancement des travaux. D'abord le lancement des études de projet (études techniques permettant de dimensionner les ouvrages dart et hydrauliques en vue de la constitution du dossier de consultation des entreprises), elles seront menées par RFF dès l'accord du ministère des transports. L'étude de l'équipement ferroviaire se poursuit avec les bureaux d'études de la SNCF et les bureaux d'études chargés du génie civil. Il faudra ensuite établir le dossier de consultation des entreprises. Et puis j'ai bien sûr gardé le meilleur pour la fin, il faut un accord sur la convention de financement des travaux. Dès sa création, la mission LGV Rhin-Rhône de Réseau ferré de France a travaillé en partenariat avec la SNCF. Nous avons placé le voyageur au centre de nos préoccupations, sur la facilité du voyage, la souplesse d'exploitation de la ligne, la sécurité. Mon ami Noël Belin, directeur de la mission SNCF TGV Rhin-Rhône, vous présentera tout à l'heure la partie de la démarche qui est relative aux gares. Je passe tout de suite la parole à M. le président de la SNCF. Je vous remercie. Applaudissements. M. Marc SVETCHINE, directeur de la mission RFF LGV Rhin-Rhône Le raccordement court de Mulhouse fait l'objet d'une convention particulière qui est, bien évidemment, liée à l'opération, mais il ne fait pas partie de la déclaration d'utilité publique de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône. C'est une opération qui a une convention propre, dont les études sont en cours et menées par le bureau d'études de la SNCF, en concertation avec un comité de pilotage local que vous (M. Bockel) présidez. M. Louis GALLOIS, président de la SNCF Bien. MM. les ministres, Mmes et MM. les parlementaires, Mmes et MM. les élus, Mesdames et messieurs, Je veux d'abord remercier l'Association TGV Rhin-Rhône, dont on a rappelé, M. le président d'honneur, lorigine ancienne, de nous avoir conviés pour cette réunion fort intéressante. J'ai été personnellement très intéressé par ce que viennent de dire les représentants de Réseau ferré de France. Vous savez que nous nous répartissons maintenant le travail avec RFF selon un dispositif auquel il faut que tout le monde s'habitue. Je vais donc vous parler de l'exploitation de la ligne, même si nous avons notre part dans les investissements, soit parce que nous travaillons pour le compte de Réseau ferré de France comme maître d'uvre, soit parce que nous avons nos propres investissements, dont je dirai un mot. La SNCF exploite depuis 22 ans des TGV et elle fait circuler actuellement 650 TGV par jour, tous à 300 km/h. Nous avons fêté le milliardième voyageur, en toute sécurité. C'est tout cet acquis d'expérience, de compétence, que nous comptons mettre au service du TGV Rhin-Rhône qui entraînera la circulation de 70 TGV par jour à 320 km/h, c'est-à-dire à la vitesse qui a été retenue pour le TGV Est.
Actuellement la répartition de ces voyages s'effectue de la manière suivante : 23% des voyages sont réalisés par le train, 69% par la route, et même 76% pour la liaison nord-sud, et 8% seulement par l'avion.
Je donne la parole à Noël Belin, un mot sur les gares et le traitement des voyageurs et ensuite je reprendrai sur les dessertes.
Aujourd'hui, on a d'énormes difficultés pour traverser le complexe (ferroviaire dijonnais) en venant de Nancy et de Mulhouse. Ce raccordement nous permettra donc, à la fois, d'aller beaucoup plus vite vers le sud et dy faire passer des trains de fret.
On va commencer par les Suisses, M. Tschudi et M. Schaffter. Adrien Zeller a un micro ? Voilà, mon cher Adrien, président de la région Alsace, tu as la parole.
Mesdames et messieurs,
Pendant que nos amis suisses se préparent j'accueille Patrick Gandil dont je vous ai annoncé tout à l'heure la venue. Directeur de cabinet de Gilles de Robien, il est bien connu dans le monde du transport par beaucoup d'entre nous, bien avant son actuelle fonction. Alors, peut-être Hans Martin Tschudi puis Laurent Schaffter si vous en êtes d'accord amis suisses, ou le contraire ?
M. Laurent SCHAFFTER, ministre de l'environnement et de l'équipement de la République et canton du Jura
M. le directeur général de RFF, MM. les présidents, M. le secrétaire général, Mesdames et messieurs,
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